Presentation Nanbudo

Presentation Nanbudo


I. DEFINITION DU NANBUDO


 Le Nanbudo est un art martial qui a pour but de se défendre face aux diverses agressions de l'existence. Il consiste à utiliser l'énergie débordante de chacun, souvent mal canalisée, dans des mouvements souples mais dynamiques. Il permet l'étude des techniques de base (chutes, projections, balayages, saisies et enchaînements codifiés). Cet
art martial se veut une véritable thérapie contre les nuisances de la vie. Le Nanbudo prend sa source à l'origine de la vie : "la respiration"4.

II.LES CONTENUS D’ENSEIGNEMENT DU NANBUDO


 Le Nanbudo est composé de trois branches essentielles. Ce sont les techniques decombat (Budoho), les techniques de santé (Kidoho) et en fin les techniques de développement de soi (Noryokukaihatsuho). Toutes ces techniques citées sont prises en compte dans le contenu de l’enseignement de la discipline.

II.1. LES TECHNIQUES DE COMBAT (Budoho)
 

Les techniques de bases sont caractérisées par des techniques de coup de poing (oi-tsuki), de pied (maé géri) et des techniques de défense. Il y’a des techniques de
mouvements circulaires, effectués sur un pas, avec des coups de poing et de pied. (kaiten). A côté de ces techniques, il y’a des séries de mouvements effectués en trois pas.
Ces séries sont basées aussi sur des coups de poing et de pied. L’apprentissage des chutes (Ukémi) est essentiel pour un pratiquant du Nanbudo. Il s’agit des chutes en avant, de côté et de derrière. Dans ce niveau d’apprentissage de cette discipline le travail de duel des pratiquants est important. En effet dans chaque séance d’entraînement il y a des
affrontements (Randori tori) qui préparent le pratiquant au combat.
 Les randoris sont des formes de combats codifiés formés de deux Oi-tsuki (coup de poing), deux Mae geri (coup de pied de face), deux Mawashi geri (Coup de pied
circulaire) et un Oi tsuki. A ces sept attaques sont présentées sept défenses. Ces Dernières sont toutes basées sur les esquives. Chaque randori est basé sur une forme de technique spécifique (par ex. balayage, projection). Pour une explication claire de ces randoris, nous essayerons d’énumérer quelques techniques.

  • Techniques d'apprentissage de l'esquive, contre-attaque avec poing (Randori Ichi No
  • Kata)
  • Techniques de balayages (Randori San No Kata)
  • Techniques de libération de saisies (Randori Yon No Kata)
  • Techniques d'apprentissage de l'esquive, contre-attaque poing (Gyaku Randori Ichi No
  • Kata)
  • Techniques de défense par pénétration dans l'attaque (Randori Irimi No Kata)
  • Techniques de projections aériennes (Randori Kasumi No Kata)
  • Techniques d'harmonisation avec l'adversaire (Ki Randori Ichi No Kata)

Les Ju-Randoris font partie de cette formation. Ce sont des combats où les attaques sont codifiées comme pour les Randoris, seules les défenses sont libres. Pour un travail
plus complet des randoris il faut nécessairement faire intervenir les Ki Randoris. En effet,ces derniers sont définis comme une manière plus fluide, plus directe et plus réaliste de
travailler les randoris énumérés ci-dessus. Les Katas sont aussi dans cette discipline. Ils consistent en une série de mouvements codifiés simulant un combat contre plusieurs adversaires. Tout comme les randoris, chaque kata a sa spécificité. Il existe cinq katas supérieurs et une multitude de katas supérieurs personnalisés. Il y a aussi les Shihotais,
qui sont des séries de mouvements répétés effectués dans les quatre directions (OuestEst-Sud-Nord).
Ils sont au nombre de sept et sont représentés par des éléments de la nature comme : le ciel, la terre, le lotus, le bois, la cascade, l’univers. A cela s’ajoutent
les Bunkais qui sont des applications, avec un ou plusieurs adversaires, de techniques de combats travaillées dans le vide. Chaque kata et chaque shihotai a son bunkai et
représente un élément de la nature.

Mais, dans la pratique du Nanbudo, le maniement des armes traditionnelles (Kobudo) constitue une autre partie de la formation. Enfin, il y a plusieurs autres combinaisons
définies comme des échanges d'attaques et de parades entre deux partenaires. Ces échanges sont codifiés et ont pour but d'exercer l'adaptation, la précision et les réflexes.

II.2. LES TECHNIQUES DE SANTE (kidoho)


 Les techniques de santé viennent en seconde position. Elles servent à améliorer l’état général des pratiquants. Chaque exercice a ses spécificités :
Les exercices de base pour ressentir l’énergie qui parcourt notre corps (Kidoho Nanbukido) et regroupent cinq techniques essentielles. Nous avons aussi les exercices de
travail de l'énergie (interne et externe) appelés Nanbu Shizen No Ki-Undo. Ils permettent le travail des cervicales et des viscères, celui des pieds et des mains, celui des reins et du sommet du crane. Les Genkis sont quant à eux, des katas de santé. Chaque Genki agit d'une manière spécifique sur différents méridiens. Pour être bref, nous ne donnons que quelques techniques qui sont caractérisées par le recentrage de la colonne vertébrale, le travail des méridiens du poumon et du gros intestin, celui des méridiens de la rate et de l’estomac, mais aussi des méridiens du muscle péricardique et du triple réchauffeur. Par ailleurs, il y a des techniques de travail de la respiration. Ce sont les shageno katas qui sont des exercices respiratoires. Chaque exercice a une spécificité qui consiste à travailler les assouplissements des jambes et à éliminer le gaz carbonique résiduel, à renforcer et à assouplir le dos et l’aine, mais aussi à travailler la méditation. Nous pouvons distinguer le travail de la communication, celui de la sensation de la nature et celui énergétique. Ces techniques servent à l’échauffement tel que le nanbu Taiso qui est constitué d’un enchainement de techniques d’assouplissement et utiles pour les pratiquants du troisième
âge.


II.3. TECHNIQUES DE DEVELOPPEMENT DE SOI (Nanbushiki-Noryokukaihatshuho)


 Les techniques de développement de soi ce sont des techniques qui consistent à former l’homme sur plusieurs plans (socioculturel, physique et moral). Elles constituent les valeurs essentielles du Nanbudo.

III. LES VALEURS DU NANBUDO
 

Le Nanbudo n’est pas seulement une discipline qui se focalise sur la préparation au combat et dans l’amélioration de la santé, mais aussi sur la façon de vivre. En effet, il
est considéré comme une école de travail, de méditation active. Bien vrai que la pratique compétitive pousse les jeunes à se spécialiser en ce domaine, mais il est nécessaire pour
le pratiquant d’apprendre des choses très importantes dans le Nanbudo. Il est fondamental, également, de permettre aux pratiquants de connaître la voie martiale qu’est le DO.
 De ce fait, la force, le courage et la conviction sont les éléments qui constituent les vertus majeurs du pratiquant.

 

III.1. LES VERTUS DU PRATIQUANT

Ces vertus se démontrent souvent après une séance d’entraînement juste avant la salutation. Elles forment un rituel comportant plusieurs phases.
Le Nanbudo Mitsuno Chikara se déroule en trois moments. D’abord le Chikara-da (la force, le corps « ce que je suis ») part du principe que la force est un des éléments fondamentaux du sportif. Elle constitue l’objectif visé par le pratiquant, car elle nous aide à effectuer correctement nos mouvements. C’est un pouvoir, une capacité de
s’imposer ou d’exercer une contrainte. Ensuite le Yuki-Da (le courage, l’esprit « ce que je crois »), enseigne quant à lui, que le courage est une autre notion primordiales du Bushido. Il désigne la capacité d’endurer sans faire défaut à l’exemple de dominer la peur. En effet, selon Inazō NITOBE5 , le courage « se comprend comme une vertu de celui qui affronte le danger ou supporte la douleur ». Alors, le courage ne signifie pas être inconscient, mais
plutôt reconnaitre la peur et savoir la dépasser. Enfin, le Shinnen-Da (La conviction, l’action « ce que je fais » démontre l’idée selon
laquelle la conviction est une notion fondamentale d’un combattant vis-à-vis de son adversaire.C’est la confiance ou la croyance que nous accordons à ce que nous disons,
faisons et pensons.
 

Toutefois, le Nanbudo compte essentiellement sept forces de valeurs différentes,
qui sont nécessaires à la vie quotidienne de l’être humain. Ainsi, nous avons tour à tour :
 -la force physique (Taï Ryoku) : C’est la force originelle du corps reposant sur un
support physique et mental.

  • La force de courage (Tan Ryoku) : Il faut forger la volonté et la force de caractère afin que chacun puisse entreprendre et réaliser avec détermination et courage un projet ou une action vitale, quelles que soient les circonstances du moment.
  • La force de discernement (Handan Ryoku) : Elle enseigne qu’il est important de posséder un jugement stable, dénué d’apriori envers une cause, en l’analysant clairement et sainement.
  • La force d’action (Danko Ryoku) : En combinaison avec les trois premières forces, il faut agir, se prendre en main, engager sa responsabilité avec fermeté et confiance en soi. Miyamoto Musashi (1584-1645), (célèbre samouraï considéré comme un des grands maîtres de la tradition du Bushido : la voie des guerriers. Escrimeur et a créé l’école dite « des deux sabres ») était croyant, mais il ne comptait que sur lui-même pour agir.
  • L’énergie positive (Sei Ryoku) : Selon elle, l’homme qui agit se situe dans un cosmos, entre le ciel et la terre. Il est dans la nature, mais lui-même constitue la nature. Il doit respecter les rythmes de celle-ci et en captant l’énergie, le KI. C’est l’esprit positif, l’essence de l’âme de l’homme. Si nous mettons en action la réalité énergétique propre à notre corps, les mouvements seront spontanés, agiles et nous réaliserons de grandes choses.
  • L’habileté intellectuelle (No Ryoku) : Grâce à elle, nous devons manifester instantanément par l’action de l’intelligence notre compréhension envers une situation, et nous y adapter avec autant d’adresse que de compétence.
  • La force vitale (Seimei Ryoku) : C’est le rassemblement de toutes les forces en une seule bien plus grande. C’est la vie d’un homme ou d’une femme qui se déroule, telle une création constante, dont les sept forces sont le moteur.

Toutes ces forces renvoient à la maîtrise de soi qui est la faculté de contrôler et de maîtriser les différents éléments de notre vie. Elle est la résistance aux emportements, aux
plaisirs fallacieux et à toute sorte d’intempérance. La maîtrise de soi concerne tout notre être : l’esprit, l’âme et le corps ; car elle « n’embrasse que le corps, et dans laquelle
l’esprit ne collabore pas celle du faible et du lâche.

 

IV. ORIGINE DU NANBUDO
 

        La racine principale de l'arbre du Nanbudo est le karaté qui a permis au jeune Yoshinao Nanbu d'exploiter son potentiel athlétique et ses qualités martiales fruits d'une
tradition familiale et d'une éducation rigoureuse. Son arrière grand-père Yokozuna Kochizan Tanigoro, sumotori réputé, était un champion adulé dans sa province. On lui
éleva un temple à Kobe (Japon), le Nagata Jinja. Afin d'exprimer sa reconnaissance, il y transporta de la mer, à la force de ses bras, une énorme roche. On peut la voir au temple Nagata, gravée à son nom. Son père Hideyoshi Nanbu, 5ème Dan de Judo, enseignait cette discipline et était féru de toutes les autres pratiques martiales.
Les racines périphériques pratiquées par Maître Nanbu sont le Judo, l'Aïkido, le Kendo, et le Kobudo durant toute son enfance (dès l'âge de 5 ans) et son adolescence. En tant que karatéka, Yoshinao Nanbu dès 1961 à l'université d'Osaka, pratiquait le style Shito ryu sous la direction de Maître Tani. Il démontra la valeur de
l'enseignement reçu en remportant de nombreux combats, puis en développant les styles Shito ryu et Shukokaï en Europe. Arrivé à un grand niveau de pratique, Yoshinao Nanbu constata que le travail rigide et syncopé utilisant la force contre la force était, sur sa conception, incomplet et en contradiction avec l'idée de non dualité et de la vision que véhicule les arts martiaux en temps de paix.
    

         Il souhaita, alors, développer avec son Maître un type de travail faisant appel à des techniques circulaires basées sur l'esquive, renforçant l'efficacité des blocages sans
provoquer de rupture de l'échange, que ce soit avec un ou plusieurs adversaires. C'est en désaccord que les deux hommes se séparèrent et Yoshinao Nanbu, fonda sa
propre école quelques mois plus tard, comme d'autres experts japonais l'avaient fait avant lui. En 1970, il crée le Sankukaï. Dans ses tournées internationales, il découvrit
l'enthousiasme des pratiquants pour ce nouveau style accueilli avec beaucoup d'intérêt. Yoshinao Nanbu n'en resta pas là dans sa quête. Souhaitant mettre en application
la seconde phase de sa théorie, il s'orienta vers une recherche sans cesse renouvelée beaucoup plus proche du rythme naturel de la vie. C’est ainsi qu’en 1978, il donna
naissance à un nouvel art martial appelé : NANBUDO

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